ULIS

L'UNITE LOCALISEE D'INCLUSION PEDAGOGIQUE

 

DES OBJECTIFS AMBITIEUX

 

  •          Accueillir le jeune sans renoncer aux soins
  •         Accompagner  la démarche d'intégration et ses effets sur la restauration narcissique
  •          Solliciter les potentialités du jeune
  •          Croiser les analyses, élaborer un projet individuel d'intégration
  •          Aider à l'émergence d'un projet réaliste de sortie de l'UPI

 

 

Les classes d'ULIS

 

2 professeurs des écoles spécialisés

2 aides éducateurs

 

20 élèves.

12-16 ans tous  demi-pensionnaires. Une majorité vient en taxi de 8 villes ou villages différents.

Placés avec accord des parents sur décision de la CCSD et souvent de la CDES ( transport + prise en charge ).

 

2 classes de 10 élèves (en fonction de l'âge et en tenant compte des aptitudes).

Partenariat avec 4 ateliers de SEGPA et de LP : Bois /couture/ferronnerie/horticulture/maroquinerie.

23 h de cours par semaine sur 4 ou 5 jours.
 

« Profil le plus courant »: déficience intellectuelle + troubles associés, le plus souvent psychologiques ou psychiques.

 

Une grande majorité d'élèves sont pris en charge (soins et/ou soutiens éducatifs, thérapeutiques, paramédicaux, pédo-psychiatriques, etc.).

Profs d'EPS, d'art de musique et de SVT interviennent sur les classes UPI.

Certains élèves sont intégrés individuellement dans des classes ordinaires en fonction des disciplines et des possibilités de l‘élève.

 

Participation chaque fois que c'est possible aux activités ou projets transversaux du collège : Recherche CDI, Expo Arts, Chorale, Théâtre, compétitions sportives, visites, projection de films, actions humanitaires, classes à PAC, semaine multi-activités…

 

Références législatives ou réglementaires:

Loi du 11 février 2005, pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (Loi n°2005-102, c'est la loi qui fait le plus référence aujourd'hui).

Loi de 1975 en faveur des personnes handicapées, circulaires de 1982 et 1983 sur les modalités de l'Intégration, loi de 1989 sur l'école, texte de 1991 sur les CLIS, de 1995 et 2001 sur les UPI, circulaires de rentrée du ministre.…

Tous ces textes convergent et tendent à améliorer les dispositifs qui concourent à l'intégration collective ou individuelle d'enfant présentant des déficiences dans les établissements ordinaires.

 

Le Projet, pour qui ? Pourquoi ?  Quels projets ?

Le risque existe que les parents et l'enfant se suffisent d'une intégration au collège qui pourrait masquer les grandes difficultés qui demeurent. On constate parfois de douloureuses prises de conscience à quelques mois de la sortie de l'UPI. 

L'Intégration n'est légitime que si elle donne lieu à un projet d'intégration pour chaque jeune. Ce projet doit préciser la nature des déficiences ou du handicap, les troubles associés (sans les fixer). Il doit surtout faire émerger des perspectives de formation et de soins ou de soutien (Éducatif, Thérapeutique, Rééducatives). Concrètement il doit être le reflet de la cohérence d'ensemble. Ainsi, on lutte plus efficacement contre un risque majeur de l'intégration: le morcellement des prises en charge, l'absence de cohérence, la lassitude du jeune et de sa famille. Celle-ci doit, être associée, soutenue.

 

2 étapes  –  quatre niveaux  –  une trajectoire individualisée.

Alors que le cursus scolaire du collégien est réglementairement divisé en trois cycles (adaptation – central – détermination), l'élève de l'UPI du collège Jean GIONO voit sa scolarité organisée selon deux périodes:

Une première période (6° / 5°)  consacrée  à l'adaptation au collège, à l'installation de l'élève dans son nouveau statut, mais aussi à la mise en place du projet d'intégration. L'emploi du temps de l'élève comporte 23h d'enseignement général.

Une deuxième période (4° / 3°) au cours de laquelle la formation alterne l'enseignement général et l'atelier. Une demie journée en entreprise est également proposée, dans la mesure des possibilités de chacun. L'objectif principal de cette période de formation est le renforcement des acquisitions de base et la sensibilisation progressive au monde du travail, par une pratique, certes plus éducative que professionnelle en atelier, mais aussi par le biais des enseignements généraux qui s'articulent entre activités à forte teneur symbolique, dans le prolongement du cycle précédent et réflexions sur les outils et les situations extraites de la vie sociale et / ou professionnelle.

Chaque année, et pour l'ensemble des collégiens de l'UPI des évaluations réalisées (et révisées si besoin) par les enseignants en septembre, permettent d'inscrire les élèves dans des groupes de niveaux. Cette souplesse permet de travailler avec chacun au plus près de ses  potentialités.

Pour autant de réelles disparités subsistent, tant pour les acquisitions scolaires que dans le rapport de l'élève à la réalité. Dans quelques cas rares si l'on observe de manière certaine et continue que l'enfant ou l'adolescent ne parvient pas à tirer profit de l'Intégration en collège, une réorientation vers un IME peut être proposée aux parents et soumis à l'examen de la CDA (Commission des Droits et de l'Autonomie).

 

Faire vivre l'intégration

Depuis le début des années 80, le concept d'intégration est devenu dominant dans le discours général sur l'éducation. Pour autant, il recouvre des réalités bien différentes et des pratiques parfois antinomiques.

Les UPI de GIONO proposent d'abord une intégration sociale.  Il s'agit d'installer ou de maintenir le jeune dans le groupe social auquel il appartient, de le maintenir parmi ses pairs.

Pour autant, les enseignements sont assurés par des Professeurs des Ecoles titulaires du CAPSAIS option D.

En EPS, en SVT, en Art, en musique, l'intégration est spécifique puisque ce sont des enseignants du collège qui opèrent. Parfois, et cette formule semble donner satisfaction, deux enseignants (dont un spécialisé) travaillent ensemble sur un groupe un peu plus important. Enfin, au cas par cas, des intégrations individuelles d'élèves de l'UPI vers des cours ordinaires (musique, EPS, anglais…) sont organisées. Elles nécessitent beaucoup de préparation et une implication forte des enseignants mais aussi de l'enfant et de sa famille. L‘intégration individuelle, en effet, implique une minutie d'horloger, tant dans le diagnostic des compétences scolaires que dans le suivi et le soutien de l'enfant.

 

« Faire équipe »

Ce dispositif, à l'évidence, ne peut fonctionner sans une étroite collaboration entre les enseignants.

Les professeurs de l'UPI disposent de deux heures de réunion par semaine. Les questions de fonctionnement et d'organisation de parcours d'intégration nécessitent une coordination réelle et donc beaucoup de temps de concertation.

Pour autant, nous devons réserver des temps de réunion à l'étude de cas d'élèves qui nous paraissent nécessiter une élaboration théorique ou, au minimum, un échange plus profond. Ces « synthèses » qu'il est judicieux d'ouvrir à l'ensemble des spécialistes qui interviennent auprès de l'enfant, sont le gage d'une prise en charge de qualité. En effet, au moment de la réunion de synthèse, les différents professionnels font part de leur expérience avec les jeunes. Les éléments posés ensemble permettent collectivement d'arriver à une étape nouvelle dans le développement de la compréhension de l'enfant. C'est pourquoi, ces synthèses ne sont efficientes que si tous les professionnels en saisissent l'enjeu.

 

Des ateliers tenus par des Professeurs

Les ateliers sont placés sous la responsabilité pédagogique de professeurs de Collège ou de lycées professionnels. Cette situation, peut-être unique en France, à l'heure actuelle, doit faire l'objet d'une explication. 

Deux justifications peuvent être proposées:

Le Collège GIONO n'étant pas doté d'ateliers, des partenariats sont établis avec des SEGPA (collège Mistral et Port Lympia ) et le lycée professionnel Pasteur.

Les déplacements sont pris en charge par le Conseil Général. Une AVS ( auxiliaire de Vie Scolaire ) déléguée à l'UPI GIONO accompagne le groupe d'élèves aux ateliers.

En effet, il s'agit d'abord d'ateliers éducatifs pouvant contribuer, par la médiation de la transformation de la matière, par la réflexion sur le geste, par le rapport de l'adolescent à son corps agissant dans un environnement spécifique, à la restauration de l'image de soi et à l'expérimentation de la pensée. La formation professionnelle n'est pas immédiatement recherchée, elle pointe parfois, mais n'est pas première.

 

Les stages

Dans le cadre d'une sensibilisation au monde du travail,une convention de partenariat a été signée avec l'association GEIST 21. La coordinatrice de l'association recherche des entreprises susceptibles d'accueillir les jeunes et apporte une aide à l'autonomie pour effectuer les trajets entre le collège et les lieux de stages.

Ces séquences éducatives en entreprise poursuivent un double objectif:

D'un point de vue social ou psychosocial:

Il s'agit de trouver un support extérieur pour exercer les capacités d'adaptation du jeune. Les stages permettent une première incursion dans un environnement ordinaire, la projection dans le champ des possibles, une mise à l'épreuve…

Sensibiliser l'adolescent au monde du travail 

Evaluer, le cas échéant, ses capacités d'inscription dans un environnement professionnel, dans le cadre de son projet de sortie.

Une convention signée par le chef d'entreprise, le Principal, GEIST 21, et la famille  formalise cette expérience.  Une évaluation est réalisée par la coordonnatrice et des visites du professeur complètent l'évaluation de cette première épreuve du feu. 

Les élèves de 3ème concernés bénéficient d'une 1/2 journée de stage en insertion professionnelle par semaine tout au long de l'année ( 3 stages différents par jeune).

 

Après  l'U . P . I …

Cette question hante souvent (et on les comprend) les familles au cours de la dernière année de l'UPI.

En effet, l'intégration du jeune au collège, si elle a permis les progrès de l'enfant et son maintien parmi ses pairs, peut avoir en revanche comme conséquence malheureuse d'avoir reporté à plus tard la question capitale de l'insertion sociale, voire professionnelle.

La CLIS, l'UPI et après ?

Ce nœud d'inquiétude, voire d'angoisse met en fait en évidence un déficit de communication autour du projet de l'enfant.  Il n'est pas toujours confortable d'évoquer l'avenir mais dès l'arrivée en UPI au collège, nous devons tenter de présenter aux parents et au jeune le champ des possibles.

IMPRO classiquement,

UPI de LP pour certains

L.P. exceptionnellement, 

CFA et Apprentissage, parfois

Services intermédiaires de soutien à la formation et à l'insertion professionnelle de plus en plus souvent.

En fait, ce qui importe le plus est que cette orientation soit préparée et offre  au jeune des chances sérieuses de réalisation.

 

Les perspectives d'évolution de l'U.P. I.

Le montage original de cette structure,  son histoire institutionnelle, son inscription claire dans le collège, la mobilisation des professeurs et de l'équipe de Direction permettent de tracer de nouvelles perspectives. Certaines sont en cours de réalisation:

1. Un souci encore plus prégnant de monter pour chaque élève un projet d'intégration qui tienne compte des différentes prises en charge et soit révisé régulièrement (il s'agira, dans ce cadre, d'associer encore plus étroitement les SESSAD, les intervenants du secteur libéral, le collège et la famille)    

 

2. Une ouverture sur des Institutions de Formation ( aides – éducateurs, AVS, médecins scolaires, stagiaires ) et de réflexion ou de recherche comme l'IUFM ( accueil des stagiaires PE2, CAPSAIS option D, CPE…)  et sur les structures existantes: UPI de l'Archet, Louis Nucéra, Contes, Menton, UPI du lycée Pasteur…..